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DESAPPRENDRE POUR MIEUX APPRENDRE ET SERVIR

Au seuil de mes quarante années de vie sacerdotale  et au moment où je repars au Congo, je vous propose ce petit texte :

  1. Une diversité de missions. Je fais remarquer dès l’abord que toute mission est terrifiante, désarmante et me met dans l’expectative, l’incertitude car il s’agit avant tout de la rencontre et de la gestion des personnes humaines. Celles-ci en sont les sujets c’est-à-dire des collaborateurs avec leurs qualités et potentialités et non des bras à se servir.  En effet, la mission me dépasse, est grande au regard de ma personne limitée. Dès mon premier poste d’affectation jusqu’à ce jour, j’apprends à me remettre toujours en question, à renoncer à mes certitudes, bref, à oublier ce que l’on peut appeler expérience acquise. Cela demande beaucoup d’humilité et un sens élevé d’écoute et d’observation. Vicaire de paroisse, chef d’établissement scolaire, curé parfois de deux paroisses rurales, responsable diocésain de la pastorale des jeunes, aumônier provincial des couples de la « Communauté Famille Chrétienne », aumônier aussi d’hôpital, membre du conseil presbytéral et du collège des consulteurs, responsable de la pastorale dans la ville de Kikwit et ses environs…

  2. Ces missions sont accomplies en divers lieux (urbain et rural) et pays (République Démocratique du Congo, France Belgique).

  3. Comment s’y prendre. Une conversion dans l’Esprit Saint est nécessaire. Cela implique une relation, à ma manière, au Christ dans la prière. Cette intimité à notre Seigneur Jésus Christ me décentre. Ce n’est pas moi le maître de la mission. Je ne suis que son instrument. C’est de lui que j’apprends. Il est très important de se défaire de ses expériences antérieures qui peuvent se constituer en frein pour un nouvel élan ou départ

  4. Car une nouvelle mission et un changement des lieux sont aussi des occasions de remises en question et de renouvellement. Je  désapprends pour apprendre afin de mieux servir le Maître parmi les hommes et les femmes hic et nunc dans la situation qui est la leur. La maîtrise dans le champ de la pastorale me semble être une illusion pour autant que chaque personne/milieu de la pastorale a ses particularités.

  5. Je saisi cette occasion pour vous dire enfin merci du séjour passé parmi vous avec ses joies, ses peines et même ses  incompréhensions. Mon dernier mot est de vous demander de m’accorder votre pardon pour toute offense que j’ai due commettre à l’égard de chacune et chacun particulièrement et  à l’égard de toute la communauté.

 

                Raphaël Mudiambu

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