
Les 40 jours du Temps de Carême se sont donc développés au cours de l’histoire de l’Eglise pour permettre aux Catéchumènes de vivre leur ultime préparation au Baptême, lors de la nuit de Pâques. Plus particulièrement, les Evangiles de saint Jean lus les 3ème, 4ème et 5ème dimanches de Carême vont permettre d’éclairer les Catéchumènes sur leur décision de suivre le Christ ressuscité. Ce dimanche, la rencontre entre Jésus et une femme de Samarie met en évidence des aspects intéressants du mystère de notre foi. Le contexte est le puits dit « de Jacob » en référence au patriarche, descendant d’Abraham, d’Isaac et père des Douze tribus du peuple d’Israël. Jésus sera reconnu comme un descendant de la tribu de Juda. Jésus est appelé « Fils de Joseph » (Jean 1, 15 et 6, 42), celui qui l’accueillit avec son épouse la Vierge Marie et qui est lui-même appelé « Fils de David » (Matthieu 1, 20) et donc descendant de la tribu de Juda. Ces allusions semblent indiquer clairement que Jésus de Nazareth accomplira une mission « royale ». « Rabbi, tu es le fils de Dieu, tu es le Roi d’Israël » s’exclamera d’ailleurs Nathanaël (Jean 1, 49). Il en sera de même pour la foule rassasiée par Jésus qui déclarera : « Celui-ci est vraiment le Prophète, celui qui vinent dans le monde. Mais Jésus sachant qu’on allait venir l’enlever pour le faire roi, se retira à nouveau, seul, dans la montagne ». (Jean 6, 14-15). Ainsi, il y a encore plus significatif dans cette rencontre entre cette femme de Samarie et Jésus. Après avoir appelé à trois reprises Jésus, « Seigneur » voici qu’elle le désigne comme un prophète et enfin, elle entend confirmé de la bouche de Jésus lui-même, qu’il est le « Messie », celui qu’on appelle « Christ ». Cette désignation de Jésus le situe dans une mission royale ou « messianique ». Mais les habitants de cette ville de Samarie élargiront cette dimension messianique en professant: « c’est vraiment lui, le Sauveur du monde ». Voilà le chemin de découverte de la foi qu’accomplissent les Catéchumènes ainsi que le renouvellement de leur foi pour tous les Baptisés ! Mais revenons au contexte de cette rencontre : « le puits de Jacob ». Le puits n’est-il pas le lieu de l’Alliance par excellence où se rencontrent, avant leur union, Isaac et Rebecca (Genèse 24, 11), Jacob et Rachel (Genèse 29, 2), Moïse et Cippora (Exode 2, 1). Jésus et la femme de Samarie annoncent par leur rencontre et leur dialogue une espèce d’union : Jésus vient nouer avec l’humanité une alliance nouvelle et éternelle !